Seconde chance, troisième partie, une nouvelle rencontre…

     UNE NOUVELLE RENCONTRE… 

Toute la nuit elle ne pu fermer les yeux. Les images étaient là. Du tendre baiser à la douloureuse confession, elle baignait dans un lac d’incertitude. Les choses ne se déroulaient pas comme prévu. Tout aurait dû être plus simple. Il a fallu qu’elle tombe enceinte. De toute façon la vie reprenait son cours, avec son lot de joies et de peines ; et elle n’était pas au bout des siennes.

Ce matin là elle n’avait envie de rien. Cependant,il lui fallait aller à l’école. C’était le lundi, l’un des jours les plus importants de la semaine.

Les lundis matins tout était brusqué. Alors pourquoi pas leur faire une petite surprise…

– Prenez les feuilles ! S’exclama t’elle d’une voix forte !

Les élèves très peu enthousiastes s’exécutèrent. Après avoir soigneusement écrit le sujet au tableau, elle s’accorda 15 minutes de répit.

Il y avait tant à penser ; tant de choses à faire, se disait-elle en son for intérieur. Je ne peux pas me permettre de passer à côté de ma carrière pour un homme.

En plus il m’avait presque jeté et maintenant il me trouve à son goût. Les hommes tous les mêmes !
Les élèves se mirent à rire ! Elle comprit à ce moment là qu’elle parlait à haute voix.
Mais cela n’y changeait rien. C’était tout de même vrai, et tous le savaient.
Les 15 minutes étaient écoulées. Il fallait faire cours. Aussitôt dit aussitôt fait. Tout se déroula dans une bonne ambiance.
Ce fut une belle journée.

Les oiseaux sifflotaient au vent, qui lui, emportait soucis et chagrins. Le soleil brillait de milles éclats comme pour annoncer la parodie qui allait avoir lieu. Tout était parfait. Il ne manquait plus que le murmure de cette fatidique heure. Elle ne savait pas, ce qui se tramait. Et pourtant cette nouvelle rencontre allait tout bouleverser….
Un nouveau jour se levait encore sur la belle cité universitaire. Comme à son accoutumé, elle se dirigea vers la gare de taxi. Elle n’en aperçu aucun. Comment faire ? Elle risquait d’être en retard. La journée ne démarrait pas aussi bien que ça.

Elle décida alors de marcher le bord du boulevard espérant avoir un taxi et ne se rendit pas compte qu’on la suivait. La voiture claxonna. Elle n’entendit rien, du moins,ne voulait rien entendre. Elle continua son chemin. La voiture arriva à son niveau. Une voix se fit entendre.
– Je vous suis depuis quelques instants. Puis-je vous déposer? La voix se faisait plus insistante. Alors Félicité lui répondit .
– Merci pour votre amabilité mais je crois que ça ira.
– Je m’appelle Tidiane… avait-il dit d’une voix douce comme pour la mettre en confiance.
La belle hésita de nouveau à lui répondre.
– Je ne vois pas en quoi me dire votre prénom arriverait à me persuader de monter dans votre véhicule.
– Cela peut vous sembler louche, et vous avez tout à fait le droit de penser ça. À votre place j’aurais réagi pareil. Mais voyez vous ? Il n’y a pas de taxi, et il me semble que vous êtes là depuis un bon moment déjà. Pourquoi ne pas me laisser vous aider ?
Effectivement Félicité ne pouvait pas refuser cette main tendue. Il n’y avait aucun taxi communal dans les environs et chaque matin il fallait espérer ne pas tomber dans un embouteillage monstre.

Tout le monde se pressait pour aller au boulot et du coup c’était le désordre. Que risquait-elle ? Elle ne pouvait pas s’offrir le luxe d’arriver en retard. Sa période d’essai était presque finie. Et si elle voulait être reconduite, il lui fallait plus d’assiduité.

Elle prit la peine de mémoriser la plaque d’immatriculation, puis monta dans le véhicule.

C’était une belle Audi A4, une de ses voitures à vous couper le souffle ! Elle en avait déjà vu dans la ville, mais jamais auparavant n’était montée dans pareille merveille.
Enfin installée, elle lui indiqua le chemin pour son lycée.
Tout le trajet, ils n’échangèrent aucun mot. Elle remarqua néanmoins qu’il lui jetait des regards furtifs par moment. Elle rougissait délicatement. Son teint noir d’ébène ne laissait rien apparaître. Quoi qu’il fut noir, il était d’un éclat sans pareil !
Sa beauté était d’une rareté des plus intenses. Elle dégageait une telle douceur, une telle sensation d’apaisement qui ne laissait personne indifférent. D’ailleurs, Tidiane ne tarda pas à le lui dire.
– Je vous sens bien timide Mlle..??
– Félicité, répondit elle.
– Je disais donc que vous me sembliez timide, voire inquiète. Que se passe-t-il ?? Pardonnez mon indiscrétion, mais je trouve dommage qu’une si belle femme soit dans cet état.
L’attention fut bonne. Néanmoins, elle tenait à préserver le mythe.
– Vous vous méprenez sur mon compte. Je suis surtout pressée d’arriver à l’école. J’ai horreur d’être en retard.
– Vous êtes donc Prof ??
– oui je le suis. J’enseigne l’Allemand. Il eut l’air d’être étonné.
– Ça vous étonne ?? Pourquoi !?

– C’est rare de voir de belles femmes professeurs et en plus d’une discipline aussi complexe que l’Allemand.
Elle ne dit mot. Et le laissa continuer.
– C’est admirable je trouve, surprenant à la fois, mais je crois que cela vous passionne vu l’état dans lequel vous êtes.
– Je dois dire que c’est avant tout une vocation. J’ai tout de suite su que je la voulais. Et ça n’avait rien d’étonnant car mes résultats scolaires le prouvaient. Il n’y a rien de surprenant, je pense. On choisit toujours un domaine de compétence, et l’Allemand, c’est le mien.
La discussion se poursuivait de plus belle. Ils semblaient être complices pour deux inconnus. Elle lui fit signe qu’elle était arrivée. Félicité s’empressa de descendre. Il lui tendit néanmoins sa carte. Elle la glissa dans l’une des poches de son sac puis s’en alla.
Sauvée par le gong ! Elle était à l’heure de justesse. Son premier cours de la journée se déroulait en classe de 3ème. Il n’y avait rien de spécial. Juste un peu de grammaire. La journée reprenait un peu de couleur et d’entrain.

Était-ce à cause de cette nouvelle rencontre ? Tout au fond d’elle, Félicité savait que le choix était déjà fait. Alors qu’attendre d’autre ?

Affaire à suivre…

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